« Un esprit
sain puise à la Cour le goût de la solitude et
de la retraite » La Bruyère, Les Caractères,
1688
Jai fait connaître, lundi 7 novembre 2005, aux
huit membres présents (cinq autres ayant donné
des pouvoirs pour être représentés), réunis
par mes soins en conseil dadministration, ma démission
de mes fonctions de président du livre et des auteurs
comtois. Le vice-président Vernus, qui avait été
élu à ce poste cette année, le jeudi
28 mai, en charge du dossier des subventions, mavait
adressé fin octobre sa démission par retour
dun dossier de demande à remplir. Ce dossier
vierge a été remis par mes soins le 7 novembre
à la trésorière devant les membres du
conseil qui se sont par ailleurs opposés à ce
quà ma suite M. Jacques Sennepin mette en uvre
le prix Marcel Aymé !
Jai ainsi récapitulé les raisons de ma
démission : Depuis 2002, peu de membres du conseil
se sont investis dans des actions. Les idées ont été
rares. Une certaine critique, souvent stérile, toujours
partisane, tenait lieu de tout. Si javais trouvé
assez naturel de redresser lassociation, pratiquement
seul au départ retrouver de largent, de
nouvelles subventions, rebaptiser les prix, offrir au Marcel
Aymé une audience nationale [mentionné dans
Le monde, etc] inventer des opérations de lecture
aussi bien du côté de léducation
nationale que des bibliothèques, aidé dans ce
sens par Martine Mouhot de Champagney, donné à
la revue une ampleur et un coût limité [dois-je
rappeler que le n° 7 avec ses soixante-cinq pages a coûté,
pour satisfaire à des exigences locales, cinq fois
plus que le n° suivant porté à 196 pages
et orné dune couverture en quarichromie], cette
solitude après trois ans nétait plus admissible.
La démocratie, pour beaucoup, ninclut pas le
partage des tâches. Mais ce nest pas mon problème.
Outre la solitude à presque tout concevoir et mettre
en uvre, jusquà porter à certain
domicile parfois les ouvrages sélectionnés pour
des jurés, il fallut essuyer des oppositions de divers
ordres. Il y a les éternelles questions idéologiques.
Le choix du nom de Marcel Aymé dérange, défrise,
décoiffe des instances régionales, jusquà
lactuelle directrice de la culture à la Région
pour déclarer le 28 mai que « la nouvelle
majorité ne pouvait plus décemment soutenir »
cela. Il y a les ambitions personnelles qui veulent placer
des favoris dont le talent reste à démontrer.
Il y a surtout les résistances de tous ceux qui ne
se retrouvent pas dans laffirmation dune exigence
de qualité.
Jajouterai que, ce sept novembre où jai
rendu les clés, je laisse 10 000 euros dans les caisses
de lassociation, tout ce qui a été fait
cette année est payé, donc 10 000 euros davance,
soit léquivalent de la subvention de la Région,
qui représentait à elle seule 90% des subventions
en 2004, 80% en 2005 alors que les comptes affichaient
un déficit sérieux à ma prise de fonction.
Enfin, chacun peut bien goûter le courrier qui vient
de mêtre adressé [cliquer
ici]. Nest-il pas une bonne illustration de cet
esprit associatif, confiant, courtois jusquau consensus
et bien éloigné de toute mesquinerie. Longue
vie à lAlac !
Pierre Perrin, 23
novembre 2005
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