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Bernard
Gantner, peintre installé au nord de la région, mais qui rayonne
au-delà de nos frontières, et Jean-Louis Clade, historien
sensible du monde paysan désormais révolu, se sont unis pour
ce livret qui met en regard le pinceau et la plume. Les ciels
du premier, qui ne sont jamais unis et donnent rarement le
bleu des étés, coiffent des bouts de rue, de maison et de
campagne à la fois typiques et universels. C’est un art figuratif
dont on ne se lasse pas. Gantner va du tremblé un peu romantique
à la ligne la plus épurée. La palette est donc large, à l’image
de la région qu’elle célèbre sans l’enfermer jamais.
Les petits textes de Clade rappellent les travaux des champs,
l’absence de prétention de ceux qui les effectuaient pour
vivre. L’instituteur qu’il fut au début de sa carrière anime
son regard et fonde sa morale. La nostalgie cependant ne l’enferme
nullement. Car l’auteur, le bon vivant, ajoute discrètement
son grain de sel en bien des pages. S’il écrit qu’ « entretenir
une vigne est bien un luxe », il ajoute aussitôt la saveur
des papilles à mettre en perce la récolte. Il pourrait même
arriver qu’avec un petit verre on croise sur ses traces quelque
Vouivre au sortir d’un étang.
Si l’on ajoute que chaque texte est éclairé d’une citation
puisée dans notre littérature, et enfin traduit pour une part
en anglais, on saura tout de ce petit livre qui se veut un
trait d’union entre le regard d’un peintre et les choses vues
d’un homme qui reste toujours jeune.
Pierre Perrin, Pays comtois
n° 58
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